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PAYSAGES
Journal du regard.
Les paysages qui nous entourent.
A la rencontre des mondes qui vivent autour de nous.
Paysages. Nature. Sauvage. Jardins. Japon. Inspirations ...
“La vie débute le jour ou l’on commence un jardin”
Proverbe chinois
samedi 28 février 2026
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dimanche 17 avril 2011
Un pas de plus vers un jardin de la biodiversité
Grande gorgée de lumière, le Soleil inonde jardins, prairies et collines. Certains jours ont été chauds, trop tôt mais heureusement les nuits restent fraiches, préservant le peu d'eau qui affleure à la surface du sol.
Nombreuses sont les plantes qui ont un éveil précoces. En cette mi-avril, la vigne a déjà préparée ses fleurs, plus quelques jours avant qu'elles ne s'ouvrent ... Même observation pour les lys, qui m'ont habitué à une floraison fin mai et début juin, leurs tiges sont actuellement déjà bien élancées, certains sujets préparant leurs fleurs.
Plus que jamais, je suis disposé à laisser la nature dans sa diversité, s'installer dans mon petit jardin.
Des idées reçues qui nous hantent tous, veulent qu'un jardin doit être maitrisé ... Le jardinier étant son maitre incorruptible. On doit y faire la chasse aux "mauvaises herbes", tailler les arbustes en carré ou en mur, entretenir le gazon le plus vaste et le plus vert possible ... Cela doit ressembler à nos intérieurs propres et bien rangés, ordonnés. Une moquette sans imperfection sur laquelle deux ou trois petits arbres apportent de l'ombre. Sans oublier l'incontournable massif de fleurs qui doit être impeccable ! Ce sont là les représentations du jardin que beaucoup de mes concitoyens partagent. Même en Provence, où l'eau manque cruellement en été, un grand nombre de propriétaires veulent un abondant gazon. Un rêve ou plutôt une chimère grassement entretenu. Dans un tel milieu, souvent dopé, il n'y a pas beaucoup de place pour la biodiversité. Les insectes s'y promenant sont indésirables et le maitre des lieux s'échine alors à les occire ! Même combat contre les dites "mauvaises herbes".
Évidement, je suis contre tout cela et acceptes de plus en plus mal cette destruction permanente infligée à la nature, par notre volonté de domination. De fait, pas de liberté ni d'expression pour celle-ci, point de diversité. On a une fâcheuse tendance à l'uniformisation, la simplification et, bien sûr, à la marchandisation. Sans aucun respect pour autrui, surtout ce/ceux qui est/sont différents !
Je ne trouve pas ça intéressant aussi je voudrai regarder, admirer, découvrir et re-découvrir la nature dans toute sa splendeur et sa richesse. A l'heure où de nombreuses espèces sont en déclin, il est temps de les réinviter chez soi. Quel ennui et surtout, quelle horreur, qu'un jardin abandonner par la dynamique variée de la vie. Il me plait de voir les abeilles me frôler et butiner les fleurs qui les attendent, les papillons égarés plonger leurs trompes dans le nectar, des abeilles charpentieres en quête d'un abri ou d'un nid, etc. Plus ils sont nombreux, plus cela me ravi. J'aime aussi en surprendre de nouvelles et inconnues, des espèces qui s'invitent et s'installent. Un jardin plein de vie, bruissant de cette activité incessante, de jour comme de nuit.
Nombreuses sont les plantes qui ont un éveil précoces. En cette mi-avril, la vigne a déjà préparée ses fleurs, plus quelques jours avant qu'elles ne s'ouvrent ... Même observation pour les lys, qui m'ont habitué à une floraison fin mai et début juin, leurs tiges sont actuellement déjà bien élancées, certains sujets préparant leurs fleurs.
Plus que jamais, je suis disposé à laisser la nature dans sa diversité, s'installer dans mon petit jardin.
Des idées reçues qui nous hantent tous, veulent qu'un jardin doit être maitrisé ... Le jardinier étant son maitre incorruptible. On doit y faire la chasse aux "mauvaises herbes", tailler les arbustes en carré ou en mur, entretenir le gazon le plus vaste et le plus vert possible ... Cela doit ressembler à nos intérieurs propres et bien rangés, ordonnés. Une moquette sans imperfection sur laquelle deux ou trois petits arbres apportent de l'ombre. Sans oublier l'incontournable massif de fleurs qui doit être impeccable ! Ce sont là les représentations du jardin que beaucoup de mes concitoyens partagent. Même en Provence, où l'eau manque cruellement en été, un grand nombre de propriétaires veulent un abondant gazon. Un rêve ou plutôt une chimère grassement entretenu. Dans un tel milieu, souvent dopé, il n'y a pas beaucoup de place pour la biodiversité. Les insectes s'y promenant sont indésirables et le maitre des lieux s'échine alors à les occire ! Même combat contre les dites "mauvaises herbes".
Évidement, je suis contre tout cela et acceptes de plus en plus mal cette destruction permanente infligée à la nature, par notre volonté de domination. De fait, pas de liberté ni d'expression pour celle-ci, point de diversité. On a une fâcheuse tendance à l'uniformisation, la simplification et, bien sûr, à la marchandisation. Sans aucun respect pour autrui, surtout ce/ceux qui est/sont différents !
Je ne trouve pas ça intéressant aussi je voudrai regarder, admirer, découvrir et re-découvrir la nature dans toute sa splendeur et sa richesse. A l'heure où de nombreuses espèces sont en déclin, il est temps de les réinviter chez soi. Quel ennui et surtout, quelle horreur, qu'un jardin abandonner par la dynamique variée de la vie. Il me plait de voir les abeilles me frôler et butiner les fleurs qui les attendent, les papillons égarés plonger leurs trompes dans le nectar, des abeilles charpentieres en quête d'un abri ou d'un nid, etc. Plus ils sont nombreux, plus cela me ravi. J'aime aussi en surprendre de nouvelles et inconnues, des espèces qui s'invitent et s'installent. Un jardin plein de vie, bruissant de cette activité incessante, de jour comme de nuit.
jeudi 24 juin 2010
Protéger les forêts primaires
A l'occasion de l'"Année 2010 de la biodiversité", des rendez-vous sont donnés un peu partout dans le monde pour sensibiliser politiques et grand public sur le sujet. Le sujet est passionnant, trop méconnu et il nous concerne tous (il s'agit quand même de la multitude du vivant sur notre planète, de sa diversité …).
L'UNESCO, soutenu par des milliers d'associations, a voulu que l'on s'en préoccupe davantage car, rappelons-le, plus de 60 % des écosystèmes sont perturbés, des centaines d'espèces s'éteignent ou sont menacées après qu'on leur est confisqué leurs milieux et pourtant, on continue toujours d'en découvrir !
Dimanche dernier, dans le cadre d'une journée sur la biodiversité organisée par l'association "Les Herbes Sourcières", j'ai eu le plaisir d'écouter l'intervention du grand botaniste Francis Hallé, célèbre entre autres pour les immenses radeaux déposés à la cime des grands arbres des forêts tropicales, installant en quelque sorte un prodigieux "balcon en forêt primaire" ! Parce que c'est là-haut que ça se passe, dans la canopée, au plus près de la lumière solaire. L'homme nous a donc emmené, dans une langue qui lui est propre, à la découverte de ce monde fascinant et longtemps ignoré. Et là, plus qu'ailleurs, la biodiversité y explose.
Francis Hallé a, bien entendu, attiré notre attention sur le déclin des grandes forêts primaires. Premiers responsables, l'exploitation du bois et l'aménagements de nouvelles parcelles de cultures … Pensez donc, une forêt dégradée qui est laissée ensuite à l'abandon a besoin d'au minimum 800 ans pour retrouver ses gallons de "primaires" ! Tout ce que nous détruisons maintenant et donc perdu pour très longtemps. Il y a urgence, la déforestation progresse très vite dans les régions du monde où elles subsistent encore : Amérique du sud, Afrique équatoriale, Indonésie … C'est véritablement un trésor que l'on met en péril.
"Les forêts équatoriales représentent le sommet de la biodiversité. On y trouve le maximum d'espèces dans un volume donné, beaucoup plus que dans le milieu marin. C'est donc une formidable perte. Notre espèce y est née, et on y trouve encore nos plus proches cousins, les grands primates. Et n'oublions pas que cette disparition se double d'un génocide car il y a des hommes qui vivent là, sans détruire quoi que ce soit. Un génocide institutionnalisé pour la recherche du profit : qu'est-ce que ce monde-là ? Le cas de la Guyane me touche de près. On y détruit la forêt pour chercher de l'or, en utilisant du mercure qui pollue les rivières et pourrait avoir une influence dramatique sur les populations amérindiennes. Quand Hernán Cortés est arrivé à Mexico, que cherchait-il ? De l'or, et il avait le plus profond mépris pour les Indiens. A-t-on fait le moindre progrès depuis ?" Extrait de l'entretien avec Francis Hallé publié dans le Télérama n°3066.
A l'issue de la conférence, le botaniste nous a parlé de son projet de long-métrage "Promenade en forêt" et de sa recherche de soutien financiers et autres. Il a la conviction que l'opinion a les cartes en main pour orienter les décisions des décideurs politiques dans la préservation nécessaire des grandes forêts primaires à l'image de ce qu'ont réussi des films comme "Le monde du silence" initié par le commandant Cousteau ou encore "Home" de Yann Arthus-Bertrand.
www.foretstropicaleslefilm.org
A écouter, découvrir ou réécouter en podcast, "A Voie Nue" avec Francis Hallé sur France Culture.
jeudi 17 juin 2010
Que reste t'il de sauvage ?
Qu'il est difficile aujourd'hui de trouver un petit coin de verdure, calme et oublié de la civilisation. Oui, ici en France et ailleurs, l'urbanisme gagne sans cesse du terrain. Existe t'il encore des espaces sauvages (sauvage au sens premier) ? Des lieux libres, sans entraves, sans béton, sans interruptions, etc. ? Libre et sans dérangements de nature humaine, sans le bruit, la fureur, la vitesse ?
C'est le même problème pour l'astronomie avec la désespérante "pollution lumineuse" : rares sont devenus les espaces bénéficiant d'une parfaite nuit noire ! L'astronome amateur qui désire le plus possible profiter de belles nuits étoilées doit impérativement fuir les agglomérations urbaines, les villages éclairés toute la nuit et les routes illuminées … Fuir, voire s'enfuir vers les montagnes les plus hautes, les prairies égarées, les portions de terrains publics dont aucun prospecteur immobilier ne veut … ! Tout ce qui demeurre encore sauvage est ce dont personne ne veut, tout ce qui n'est pas constructible. Mais le terme le plus approchant, serait plutôt semi-sauvage car la "civilisation" laisse son empreinte un peu partout, même dans les lieux les plus reculés.
Inconstructible donc impossible à conquérir. Nul doute que si la terre était absolument plate partout, il n'y aurait plus guère d'espace sauvage ! Et donc, plus de biodiversité. Ou alors, si il en reste, elle est conservée dans des musées, des zoos, des parcs naturels. De toute façon, le mot sauvage et ce qu'il désigne font peur. Nombreux seraient (et sont) ceux qui montreraient leur satisfaction ! Il n'y a qu'à regarder le cas du retour des loups ou des ours dans nos montagnes, ils sont aussitôt chassés, tués, honnis, détestés !
Mais, peut-on vouloir un monde complètement maitrisé par l'Homme ? Doit-on en arriver là ? Cela serait vain mais cest quand même une vieille et tenace tentation de notre espèce. Depuis des siècles, l'être humain s'efforce de soumettre la nature à ses besoins. Et nos besoins priment avant tous les autres … Pourquoi ? Je voudrai bien qu'on me le dise. Nous sommes égoïstes, égocentriques. Et dés à présent, nos caprices envahissent nos vies. Petit à petit, nous épuisons ou affectons les ressources de notre planète sans vraiment en prendre conscience. L'Homme oublie qu'il est un animal, qu'il est une branche dans l'évolution, un épisode dans l'Histoire immensément longue de notre planète, il oublie sa descendance, ses aïeux mais aussi ses enfants qui vivront après lui. Nous sommes égoïstes, oui mais est-ce vraiment dans notre nature ? Ne le sommes-nous pas devenus ? N'est-ce pas plutôt l'oeuvre de la civilisation occidentale qui investit depuis si longtemps dans la cupidité, la réussite sociale, financière, l'accumulation des richesses ?! La question reste ouverte.
Tout cela pour dire qu'il est bon de se perdre en des lieux sauvages ou semi-sauvages, de s'égarer, faire une sieste tandis que les insectes volent autour de soi. Pas une voiture, pas un moteur, pas un tonnerre de vrombissement, ou alors celui, plus léger, d'une abeille s'affairant autour des fleurs de bourraches et autres fleurs sauvages de la guarrigue. N'est-ce pas plutôt cela la vraie vie? Des millions d'années avant nous et des millions d'années après nous. Nous en faisons partie, à quoi bon vouloir s'en défaire.
C'est le même problème pour l'astronomie avec la désespérante "pollution lumineuse" : rares sont devenus les espaces bénéficiant d'une parfaite nuit noire ! L'astronome amateur qui désire le plus possible profiter de belles nuits étoilées doit impérativement fuir les agglomérations urbaines, les villages éclairés toute la nuit et les routes illuminées … Fuir, voire s'enfuir vers les montagnes les plus hautes, les prairies égarées, les portions de terrains publics dont aucun prospecteur immobilier ne veut … ! Tout ce qui demeurre encore sauvage est ce dont personne ne veut, tout ce qui n'est pas constructible. Mais le terme le plus approchant, serait plutôt semi-sauvage car la "civilisation" laisse son empreinte un peu partout, même dans les lieux les plus reculés.
Inconstructible donc impossible à conquérir. Nul doute que si la terre était absolument plate partout, il n'y aurait plus guère d'espace sauvage ! Et donc, plus de biodiversité. Ou alors, si il en reste, elle est conservée dans des musées, des zoos, des parcs naturels. De toute façon, le mot sauvage et ce qu'il désigne font peur. Nombreux seraient (et sont) ceux qui montreraient leur satisfaction ! Il n'y a qu'à regarder le cas du retour des loups ou des ours dans nos montagnes, ils sont aussitôt chassés, tués, honnis, détestés !
Mais, peut-on vouloir un monde complètement maitrisé par l'Homme ? Doit-on en arriver là ? Cela serait vain mais cest quand même une vieille et tenace tentation de notre espèce. Depuis des siècles, l'être humain s'efforce de soumettre la nature à ses besoins. Et nos besoins priment avant tous les autres … Pourquoi ? Je voudrai bien qu'on me le dise. Nous sommes égoïstes, égocentriques. Et dés à présent, nos caprices envahissent nos vies. Petit à petit, nous épuisons ou affectons les ressources de notre planète sans vraiment en prendre conscience. L'Homme oublie qu'il est un animal, qu'il est une branche dans l'évolution, un épisode dans l'Histoire immensément longue de notre planète, il oublie sa descendance, ses aïeux mais aussi ses enfants qui vivront après lui. Nous sommes égoïstes, oui mais est-ce vraiment dans notre nature ? Ne le sommes-nous pas devenus ? N'est-ce pas plutôt l'oeuvre de la civilisation occidentale qui investit depuis si longtemps dans la cupidité, la réussite sociale, financière, l'accumulation des richesses ?! La question reste ouverte.
Tout cela pour dire qu'il est bon de se perdre en des lieux sauvages ou semi-sauvages, de s'égarer, faire une sieste tandis que les insectes volent autour de soi. Pas une voiture, pas un moteur, pas un tonnerre de vrombissement, ou alors celui, plus léger, d'une abeille s'affairant autour des fleurs de bourraches et autres fleurs sauvages de la guarrigue. N'est-ce pas plutôt cela la vraie vie? Des millions d'années avant nous et des millions d'années après nous. Nous en faisons partie, à quoi bon vouloir s'en défaire.
jeudi 15 avril 2010
Solutions locales pour un désordre global
Très intéressé par les questions d'environnement et d'écologie, je suis allé voir au cinéma le dernier film de Coline Serreau "Solutions locales pour un désordre global".
La cinéaste s'est intéressée tout particulièrement aux problèmes liés à la terre, à la structure de nos sols et à leurs appauvrissement. Caméra au poing ou caméra-stylo, elle a parcourue une partie du monde à la recherche de témoignages. Des témoignages saisissant et riches d'intérêts, à la fois sur la destruction des sols (et son absurdité) orchestrée par les firmes internationales et sur les solutions qui existent, qui sont misent en pratique (dans certains cas depuis plus de 30 ans), les remèdes à appliquer …
Au centre du film, le constat amer de la tromperie déguisée sous le doux nom de la fameuse "révolution verte". C'est une horreur et une grossière erreur ! La manne engrangée par les multinationales est colossale et n'a de cesse d'aiguiser leur appétit vorace.
Le matraquage systémique - sans aucun scrupule ni réflexions sur l'avenir - de produits phyto-sanitaires et autres engrais de synthèses depuis la fin de la seconde guerre mondiale ont pour conséquence la destruction de la vie des sols cultivés. Car oui, ça vie, ça grouille, ça travaille, ça aère le sol, … ! Cela, l'intervention de Claude Bourguignon le souligne bien : le rôle de cette "faune" très diversifiée est sans commune mesure avec les produits chimiques bombardés. Macroscopie à l'appui, on entre dans cet univers où se bousculent des créatures de toutes tailles. Leurs activités permettent de digérer les éléments présents, de les rendre assimilable par les plantes, ils aèrent le sol, ils le travaillent. Le laboure est d'ailleurs pas vraiment utile. "On viole la terre". N'oublions pas non plus les bactéries qui sont des milliards dans un seul petit gramme de terre ! Invisible, cette faune est indispensable au bien-être des plantes.
Malheureusement, l'épandage massif des substances chimiques (issus à l'origine des "gaz moutarde" et de l'amoniac utilisés durant les deux grandes guerres mondiales) anéantit cette microbiologie et, par conséquent, diminue les capacités de production du sol. La solution proposée par l'industrie agronomiques est de remettre des engrais, de vendre des machines pour l'épandre, etc. Ils s'enrichissent et l'agriculteur s'endette. Idem pour les semences. Pourquoi ne pas faire acheter les graines ? Ainsi, chaque année, des milliers et des milliers de paysans du monde entier rachètent-ils leurs semences. On est évidemment en droit de se demander comment on en est arrivé là, pourquoi traiter ainsi notre terre nourricière.
Plusieurs années sont nécessaires pour réinstaller la vie dans un sol meurtri et tout cela dépend, bien sûr, du taux de produits pétro-chimiques présent !
Rien n'est perdu, il est tout à fait possible, année après année, de retrouver une bonne terre ! On peut et on sait produire de la nourriture dans de meilleures conditions. Pour cela, il faut d'abord s'affranchir de la dépendance aux multinationales gourmandes ! Il est possible de garder des graines pour les replanter l'année suivante sans que cela soit illégale (c'est quand même une aberration !), il est possible de cultiver des variétés de tomates, de maïs, de lentilles devenues rares, préserver la diversité.
La monoculture n'est pas une solution. De même, faire croire que l'agriculture intensive permet de nourrir la planète est une illusion qui plait à ses pourvoyeurs. En réalité, les conséquences sont désastreuses pour l'avenir de l'alimentation, de la qualité des sols et des rivières, de la biodiversité, etc. Cette agriculture est basée sur le rendement et n'offre pas de bonne qualité. Les traitements imposés ne garantissent même pas la bonne santé des végétaux …
Point de pessimisme. On peut agir pour l'environnement et faire renaître, par exemple, l'agro-foresterie (laquelle démontre ses succès dans le film chez un ancien pratiquant de l'agriculture intensive, en Inde), ré-employer les méthodes du compost, du paillage, du Bois Raméal Fragmenté (BRF).
Pratiquant un éco-jardinage depuis quelques années dans mon modeste jardin et potager, je puis témoigner de la hausse d'activité d'un sol auparavant figé et nu. Le brf et l'apport de compost a multiplié les vers de terre, signe extérieur (et visible) d'une microbiologie en progression. Au début, quand j'ai emménagé ils étaient rares, à présent, je me réjouis de les voir de plus en plus nombreux.
Tout est réutilisable, tout se transforme, au jardin comme dans la nature.
En somme, rien n'est jamais perdu !
Ecouter Coline Serreau dans l'émission "CO2 mon Amour" du 3 avril 2010.
Site officiel du film de Coline Serreau "Solution locales pour un désordre global".
dimanche 16 août 2009
Sécheresse en Provence
On sait tous que les étés peuvent être très chauds dans cette région. Cependant, c'est le manque d'eau en surface qui me préoccupe. En l'espace de 2 mois, on n'a eu que quelques gouttes de pluies. Je m'en souviens d'une, au milieu de la nuit, il y a 3 semaines. Elle devait augurer une vague d'orages mais elle a vite cessée. Ces orages noircissaient l'horizon sud puis se dissipèrent. Pas de quoi arroser une nature assoiffée.
Les conditions sont très rudes pour certains arbres et plantes. J'ai pu voir dans la garrigue, le buis (voir photo) souffrir de cette pénurie d'eau douce (entre autres espèces). Toutes ces plantes doivent résister à un implacable Soleil pendant plus de 10 heures chaque jour, au vents parfois permanents et bien sûr desséchants, à un sol durcit comme cuit par l'ardeur du soleil et une humidité très basse. Pas de croissance. Les voilà soumises à un deuxième hiver, une deuxième saison difficile. Pas d'inquiétudes toutefois, nombre de ces espèces végétales sont adaptées à ce milieu aride, elles évoluent en conséquence. On ne peut qu'admirer leur pouvoir d'adaptation. C'est, par ailleurs, sous ce climat méditerranéen que l'on trouve l'une des bio-diversités les plus riches d'Europe et même du monde.
Mais les forêts ne sont plus les mêmes, plus aussi grandes et peuplées des feuillus indigène comme le chêne vert ou blanc. On peut s'interroger sur la raréfaction des pluies en été, l'intensification (ou non) de la sécheresse, l'impact des forêts sur le climat local, son interaction, …
Bien des espèces sont adaptées mais à combien de jours sans pluie ?, combien de jours de brûlants soleil ?
Je suis étonné que l'on n'en parle pas plus que ça hormis quelques brèves dans des journaux locaux signalant que la préfecture de tel ou tel département s'est mis en "vigilance" …
Pendant ce temps-là, bien des citoyens continuent d'arroser leurs pelouses (ah la pelouse !, élément indispensable à tout jardin français, semble t'il. Symbole de la réussite sociale ?) ici, en Provence, la nuit et pire en plein jour (une aberration !). D'autres encore, lavent plusieurs fois par semaine leurs voitures rutilantes et énergivore ! Toute cette précieuse eau douce utilisée pour laver une voiture !
mardi 23 juin 2009
mercredi 3 juin 2009
Lecture de "c'est maintenant !, 3 ans pour sauver le monde"
Lecture ces jours-ci du dernier livre de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean "C'est maintenan ! 3 ans pour sauver le monde".C'est en écoutant une des interventions du premier sur l'antenne de France Inter, dans l'excellente émission "CO2, mon Amour", il y a quelques semaines, que j'ai eu envie d'explorer davantage son propos.
Tout d'abord, on retrouve le même ton dans ces lignes qu'à la radio. A la fois placide et imparable.
Derrière ce titre qui résonne comme un cri d'alarme, une parole riche en argumentaire sur les dangers du changement climatique qui nous guette et l'urgence d'agir. Ils reprennent l'image du "calme avant la tempête" qui sied bien à la situation préoccupante que nous sommes en train de vivre. Nombreux sont ceux, en effet, qui estiment que la menace en question est lointaine et pas si grave car pour l'instant les années et les saisons se ressemblent … Pourquoi alors parler de tempête ? Les "signaux faibles", comme ils les appellent, sont pourtant là pour témoigner des risques à venir. Les plus connus d'entre eux sont la fonte des glaces (surtout en été) dans les régions polaires (il s'agit des avant-postes du changement climatique), la fonte des glaciers dans les montagnes, les pluies diluviennes, les sécheresses de plus en plus longues, etc. A c'est grands problèmes provoqués par une élévation des températures moyennes à la surface du globe de nature anthropique, s'ajoutent ceux liés encore plus directement à l'activité humaine, l'exploitation de ressources énergétiques qui sont "épuisables" et la dégradation de la biodiversité, toujours lié à la surexploitation et/ou la surproduction. A ce propos, les auteurs soulignent l'imminence du pic de productivité du pétrole, s'il n'est pas déjà atteint, ses futures conséquences sur notre sacro-saint pouvoir d'achat. Outre la crise climatique, d'autres nous guettent qui seront d'ordre financière, sociale, politique, etc. Voulons-nous voir les démocraties vaciller et des populations affamées, jeter à la rue ? Voulons-nous vraiment être si peu préparer à l'après-pétrole et la crise de l'environnement ?
Les premiers chapitres démontent méticuleusement les arguments des "climato-sceptiques", en tête desquels on trouve le très incohérent Claude Allégre. Qu'à cela ne tienne, les essayistes regrettent aussi le jeu déroutant des journalistes, pour ne pas dire leurs ambiguïtés quand il s'agit de médiatiser les détracteurs de ce fait scientifique qui, rappelons-le, met d'accord 98 % des scientifiques de la planète ! C'est pour le débat bien sûr mais tout cela est à présent indiscutable ! Le débat se situe davantage sur les moyens et les solutions à mettre en oeuvre au plus vite pour réduire l'impact de ces bouleversements climatiques majeurs annoncés sur notre planète.
Aux chapitres suivants, les auteurs attirent l'attention sur nos comportements au sein de notre "civilisation moderne" occidentale. Ils soulignent le fait que nous raisonnons énormément à court-terme. Tout ce que l'on fait ou entreprend s'inscrit dans du court-terme. Tout est bâti dans des perspectives d'immédiateté. "Nous voulons tout et tout de suite" ! Par-dessus tout, la machine financière utilise ce rythme effréné, pour toujours plus de profits. Peu importe demain, nous disent les auteurs, ce qui compte c'est maintenant ! Et je leur donne raison dans cette remise en question. Il n'y a là rien qui soit antipathique au progrès. Simplement, il nous appartient de changer nos comportements, de consentir à quelques sacrifices afin que les dommages soient moins importants … Il nous faut limiter les dégâts.
Le 5 juin sortira le nouveau film de Yann Arthus-Bertrand, "Home", une autre occasion de se sensibiliser à l'avenir de notre planète. C'est aussi la journée mondiale pour l'environnement.
Le terme "changement climatique" me parait meilleur à celui de "réchauffement climatique". Ce dernier sous-entend un réchauffement sensible généralisé. Or, il s'agit davantage de changements sous différentes formes pour tout le monde plutôt que plus de chaleur pour tout le monde. Cela peut prêter à confusion et vaut mieux l'éviter. De même que le trou dans la couche d'ozone est un phénomène différent de l'accumulation des gaz à effets de serre dans l'atmosphère.
vendredi 29 mai 2009
dimanche 17 mai 2009
Paysage ou jardin
Où suis-je ? En Italie ?, dans un jardin ?, sur un chemin en Toscane ? C'est un paysage prés de Maussane en Provence. L'illusion de l'Italie est là, son fantasme aussi. De même l'illusion d'un jardin. Pourtant, ce n'est pas un jardin dans son acceptation habituelle. Il n'y a là pas vraiment de préparation d'un terrain ni d'organisation des végétaux. Pourtant, nombre d'entre nous serait heureux d'occuper un espace semblable ou d'en façonner un qui lui ressemble.
Que sont vraiment nos jardins ? Ne sont-ils pas des imitations de la nature sauvage, ne s'en inspirent-ils pas ? Bien sûr que si.
Ne parlons pas, bien entendu, des jardins qui imitent les jardins, de ceux qui ressemblent à celui d'une maison du voisinage, de ceux qui sont trop bien soignés, trop bien rangés, qui ne veulent que des géraniums histoire de fleurir quelques fenêtres … Quoique c'est encore et encore de l'imitation.
A ceux-là, je préfère le jardin d'inspiration, celui qui est nécessaire, ce monde qui veut éclore, celui qui se nourrit du regard. Les japonais, depuis des siècles, éprouvent ce besoin de nourrir leur entourage de leur rencontre avec la nature … Un bonsaï n'est autre qu'une suggestion de petit coin de nature, un arbre que l'on aime, une scène en forêt, un pin tordu par les vents sur un rocher, etc. Un immense besoin de retrouver une émotion face un paysage visité, découvert, aimé, habité …
Nos jardins ne sont-ils pas faits de ces parties de nature saisis dans une lumière particulière, de ces scènes inattendues à la beauté transfigurante ?
Je suis d'accord avec Gilles Clément quand il dit que "le paysage est un détail du jardin". On le retrouve inévitablement dans nos jardins. J'aime cette conception, je la préfère à une vision plus académique et consensuelle du jardin qui veut qu'il y est des règles à respecter. De ces produits qu'il faut utiliser si on veut un jardin irréprochable. Et bien non et, je l'espère, tout cela est révolu. Tout cela appartient aux années 50 et à l'exploitation intensive du vivant, animal ou végétal.
Voir un "Portrait de Gilles Clément" sur Dailymotion.
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