mardi 23 juin 2009

Les moteurs de la déforestation

Les moteurs de la déforestation
Vidéo envoyée par gpfrance

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(musique : Ludovic Ravon)

mercredi 3 juin 2009

Lecture de "c'est maintenant !, 3 ans pour sauver le monde"

Lecture ces jours-ci du dernier livre de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean "C'est maintenan ! 3 ans pour sauver le monde".

C'est en écoutant une des interventions du premier sur l'antenne de France Inter, dans l'excellente émission "CO2, mon Amour", il y a quelques semaines, que j'ai eu envie d'explorer davantage son propos.

Tout d'abord, on retrouve le même ton dans ces lignes qu'à la radio. A la fois placide et imparable.
Derrière ce titre qui résonne comme un cri d'alarme, une parole riche en argumentaire sur les dangers du changement climatique qui nous guette et l'urgence d'agir. Ils reprennent l'image du "calme avant la tempête" qui sied bien à la situation préoccupante que nous sommes en train de vivre. Nombreux sont ceux, en effet, qui estiment que la menace en question est lointaine et pas si grave car pour l'instant les années et les saisons se ressemblent … Pourquoi alors parler de tempête ? Les "signaux faibles", comme ils les appellent, sont pourtant là pour témoigner des risques à venir. Les plus connus d'entre eux sont la fonte des glaces (surtout en été) dans les régions polaires (il s'agit des avant-postes du changement climatique), la fonte des glaciers dans les montagnes, les pluies diluviennes, les sécheresses de plus en plus longues, etc. A c'est grands problèmes provoqués par une élévation des températures moyennes à la surface du globe de nature anthropique, s'ajoutent ceux liés encore plus directement à l'activité humaine, l'exploitation de ressources énergétiques qui sont "épuisables" et la dégradation de la biodiversité, toujours lié à la surexploitation et/ou la surproduction. A ce propos, les auteurs soulignent l'imminence du pic de productivité du pétrole, s'il n'est pas déjà atteint, ses futures conséquences sur notre sacro-saint pouvoir d'achat. Outre la crise climatique, d'autres nous guettent qui seront d'ordre financière, sociale, politique, etc. Voulons-nous voir les démocraties vaciller et des populations affamées, jeter à la rue ? Voulons-nous vraiment être si peu préparer à l'après-pétrole et la crise de l'environnement ?

Les premiers chapitres démontent méticuleusement les arguments des "climato-sceptiques", en tête desquels on trouve le très incohérent Claude Allégre. Qu'à cela ne tienne, les essayistes regrettent aussi le jeu déroutant des journalistes, pour ne pas dire leurs ambiguïtés quand il s'agit de médiatiser les détracteurs de ce fait scientifique qui, rappelons-le, met d'accord 98 % des scientifiques de la planète ! C'est pour le débat bien sûr mais tout cela est à présent indiscutable ! Le débat se situe davantage sur les moyens et les solutions à mettre en oeuvre au plus vite pour réduire l'impact de ces bouleversements climatiques majeurs annoncés sur notre planète.

Aux chapitres suivants, les auteurs attirent l'attention sur nos comportements au sein de notre "civilisation moderne" occidentale. Ils soulignent le fait que nous raisonnons énormément à court-terme. Tout ce que l'on fait ou entreprend s'inscrit dans du court-terme. Tout est bâti dans des perspectives d'immédiateté. "Nous voulons tout et tout de suite" ! Par-dessus tout, la machine financière utilise ce rythme effréné, pour toujours plus de profits. Peu importe demain, nous disent les auteurs, ce qui compte c'est maintenant ! Et je leur donne raison dans cette remise en question. Il n'y a là rien qui soit antipathique au progrès. Simplement, il nous appartient de changer nos comportements, de consentir à quelques sacrifices afin que les dommages soient moins importants … Il nous faut limiter les dégâts.

Le 5 juin sortira le nouveau film de Yann Arthus-Bertrand, "Home", une autre occasion de se sensibiliser à l'avenir de notre planète. C'est aussi la journée mondiale pour l'environnement.

Le terme "changement climatique" me parait meilleur à celui de "réchauffement climatique". Ce dernier sous-entend un réchauffement sensible généralisé. Or, il s'agit davantage de changements sous différentes formes pour tout le monde plutôt que plus de chaleur pour tout le monde. Cela peut prêter à confusion et vaut mieux l'éviter. De même que le trou dans la couche d'ozone est un phénomène différent de l'accumulation des gaz à effets de serre dans l'atmosphère.

vendredi 29 mai 2009

Zéro déforestation

Zéro déforestation

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dimanche 17 mai 2009

Paysage ou jardin

Où suis-je ? En Italie ?, dans un jardin ?, sur un chemin en Toscane ?


C'est un paysage prés de Maussane en Provence. L'illusion de l'Italie est là, son fantasme aussi. De même l'illusion d'un jardin. Pourtant, ce n'est pas un jardin dans son acceptation habituelle. Il n'y a là pas vraiment de préparation d'un terrain ni d'organisation des végétaux. Pourtant, nombre d'entre nous serait heureux d'occuper un espace semblable ou d'en façonner un qui lui ressemble.

Que sont vraiment nos jardins ? Ne sont-ils pas des imitations de la nature sauvage, ne s'en inspirent-ils pas ? Bien sûr que si.
Ne parlons pas, bien entendu, des jardins qui imitent les jardins, de ceux qui ressemblent à celui d'une maison du voisinage, de ceux qui sont trop bien soignés, trop bien rangés, qui ne veulent que des géraniums histoire de fleurir quelques fenêtres … Quoique c'est encore et encore de l'imitation.
A ceux-là, je préfère le jardin d'inspiration, celui qui est nécessaire, ce monde qui veut éclore, celui qui se nourrit du regard. Les japonais, depuis des siècles, éprouvent ce besoin de nourrir leur entourage de leur rencontre avec la nature … Un bonsaï n'est autre qu'une suggestion de petit coin de nature, un arbre que l'on aime, une scène en forêt, un pin tordu par les vents sur un rocher, etc. Un immense besoin de retrouver une émotion face un paysage visité, découvert, aimé, habité …
Nos jardins ne sont-ils pas faits de ces parties de nature saisis dans une lumière particulière, de ces scènes inattendues à la beauté transfigurante ?

Je suis d'accord avec Gilles Clément quand il dit que "le paysage est un détail du jardin". On le retrouve inévitablement dans nos jardins. J'aime cette conception, je la préfère à une vision plus académique et consensuelle du jardin qui veut qu'il y est des règles à respecter. De ces produits qu'il faut utiliser si on veut un jardin irréprochable. Et bien non et, je l'espère, tout cela est révolu. Tout cela appartient aux années 50 et à l'exploitation intensive du vivant, animal ou végétal.

Voir un "Portrait de Gilles Clément" sur Dailymotion.

jeudi 23 avril 2009

Quelques bribes du jardin

Toute la végétation reprend, s'éveille. Quel plaisir ! Tandis que le Soleil inonde le petit enclos, mon petit jardin, la population végétale n'en finit pas de se dresser, de s'élancer, conquérante et pleine d'offrandes. Une activité banale, certes, une pièce rejouée chaque année dont nous sommes nombreux à nous régaler. En même temps que la terre se délecte des rayons du Soleil, nous autres humains, nous réveillons d'un hiver toujours trop long. Les feuilles se déplient, les fleurs envahissent le regard, nous éclaboussent de couleurs séduisantes, nous possédons alors les mêmes yeux que les abeilles, soif du meilleur nectar et d'ambiances parfumées.


Petit jardin alangui sous un climat méditerranéen, de grosses pluies orageuses ont gorgées le sol d'une eau savoureuse et précieuse pour les plantes nourries par un soleil brûlant. Les romarins terminent leur floraison, profitant de l'humidité passagère précédent les premières chaleur de mai et juin. Le thym aussi exhale ses parfums à travers de petites fleurs très appréciées des abeilles qui en feront un miel doux. Les fraisiers n'en finissent pas d'ouvrir des fleurs tandis que certaines sont devenues des fruits et grossissent à vue d'oeil. Les pavots de Californie tapissent les rocailles de leur couleurs pastels. La Valériane ou Centranthe rouge commence sa floraison, tamis de couleurs rosées au bout de longues tiges verdoyantes et se ramifiant pour les fleurs à venir.
Enorme ivresse de fleurs de citronnier, oranger, cédratier, etc. Les agrumes n'ont pas leur pareil pour me régaler. Une sensualité étourdissante qui se prolonge avec les fruits quelques mois après.
Les lauriers-roses sont armés, les boutons de fleurs sont apparus et attendent encore quelques jours avant de faire jaillir leurs couleurs.
Les anthémis sont parés de dizaines de fleurs, véritables étincellement de jaune crémeux ou de roses intenses, de rouges, au sommet de touffes verdâtres.
Les joubarbes et autres sedum se multiplient à l'envie, s'épaississent allègrement.
Quant au rosier, quelques-uns ont leurs fleurs prêtes à s'ouvrir tandis que d'autres, malheureusement, furent victimes de chenilles, cassant ou grignotant les boutons de roses. C'est une grande défaite aussi pour des pivoines herbacées dont les boutons furent croquer probablement par ces chenilles. Je me réjouissais à l'avance de les voir fleurir or, très vite, ces chenilles ou autres insectes mystérieux, s'en sont pris aux fleurs et seulement aux fleurs ! Un fléau qui a tendance à se répéter chaque année.

Un petit espace du jardin est aménagé dans un esprit japonais. A l'ombre relativement fraîche d'un pin d'Alep et de bambous, l'azalée y explose en fleurs roses en ce moment, attirant inévitablement le regard. Autres grandes beautés, un érable du japon tout habillé de pourpre et un autre d'un vert tendre au feuilles palmées et très fines.
Dans le bassin, les poissons égayent l'eau un peu verte où les nénuphars hissent lentement leurs plateaux pourpres avant l'arrivée des grandes fleurs.

dimanche 12 avril 2009

Floraison d'iris sauvages dans la garrigue

De beaux iris germanica de petite taille, notamment teintés de mauve ou de jaune, qu'on appelle glauges en Provence (gladius en latin, qui signifie glaive en référence à la forme de ses feuilles) et que l'on trouve en particulier dans le massif des Alpilles et alentours.

Ceux-ci (voir les photos) furent surpris au détour d'un chemin dans la garrigue foisonnante du mois d'avril, sur une colline peu à peu reconquise par la végétation méditerranéenne, prés d'Avignon. Très parfumés, c'est un plaisir de les découvrir pareil à des vestiges vivants d'un jardin qui entourait une antique demeure de berger, aujourd'hui effacée … Il n'y a peut-être jamais eu d'habitation à cet endroit-là, seulement des prairies où paissaient des troupeaux de brebis. Quoiqu'il en soit aujourd'hui, ils sont chassés par les troupes de "villas" en constructions à quelques centaines de mètres de là …

Autrefois, l'iris sauvage s'invitait sur les balcons des maisons médiévales en Provence, surtout de celles perchées au sommet de rochers arides, leur petite note colorée et parfumée était la bienvenue dans ces univers d'austérité. L'ethnobotaniste Pierre Lieuthaghi en parle dans son excellent "Petite ethnobotanique méditerranéenne" et y voit une explication dans la colonisation de ces belles fleurs sur les pentes rocailleuses des collines.

L'iris est une plante très endurante qui n'a aucun mal à peupler les talus ou les jardins. Ses rhizomes sont très riches en réserves nutritives et en eau, lui permettant de traverser de grandes périodes de sécheresse. Les plants les mieux exposés au soleil et abrités des vents froids, fleuriront les premiers, dés mars quand le sol aussi se réchauffe. Puis viennent des légions de glaives verts et charnus qui élancent leurs grandes fleurs au cours du mois d'avril, pour le plus grand plaisir des promeneurs, des abeilles et aussi des jardiniers qui ont pris soin de l'introduire. Devenu incontournable, l'iris germanica borde d'innombrables maisons en Provence et se multiplie à l'envie, sauvage ou non, le long des chemins ou dans des lieux délaissés.


mardi 10 février 2009

Éveil

Aprés une période très, trop pluvieuse, inhabituelle en Provence,
plusieurs signes de l'arrivée du printemps sont là, tels les crocus,
aux avants-gardes ou le laurier-tin, dont les bouquets de boutons
éclosent parcimonieusement en ces temps de douceur incertaine.
L'amandier commence à entrer en scène, ses branches s'alourdissant
des boutons floraux qui gonflent, l'arbre debourre tandis que les
jours rallongent significativement et que le froid s'éloigne doucement.
Ça et là, des dizaines de plantes se réveillent. La sève monte vers
l'horizon atmosphérique, réchauffant le végétal qui dort.
Multiples sont les révélations de croissance. Des feuilles se
déplient, des bourgeons molissent, des herbes s'allongent et déjà
quelques fleurs pointent dans les coins les plus douillet du jardin.

jeudi 29 janvier 2009

Ces plantes vertes qui sont délaissées dans les appartements, du chlorophytum en particulier

Nombreux sont ceux, dans notre entourage ou pas, qui héritent de magnifiques plantes vertes offertes ou multipliées, bouturées et qui, malheuresement, ne dispenseront pas les soins qui s'imposent : arrosages, brumisations, changement de pots, apports de terres, apports d'engrais, etc. Bien souvent nous les découvrons dans le coin d'une piéce, à moitié oubliées, peinant à grandir dans uen ombre dense, végétant dans un terreau affaibli et très sec. On les découvre aussi déposées laconiquement au milieu d'une piéce ou sur un meuble, c'est "la plante verte qu'il faut", histoire que la maison est moins l'air triste … Certes, elles sont trop souvent délaissées, leur propriétaire ayant oublié que c'est un être vivant qui a besoin d'eau … A ceux-là, on conseillera des imitations en plastique mais c'est assez laid. La vie quotidienne détourne nombre d'entre nous des soins à prodiguer aux végétaux et de toute l'attention dont ils ont besoin.
Combien de plantes, fraichement débarquées du fleuriste, sont ainsi condamnées au déssechement par inatention, au pourrissement ou encore à l'appauvrissement de la terre, de la lumière ?

Aux pots devenus trop étroits, il faut en offrir de plus grand (pas trop tout de suite, non plus) et surtout les quantités d'eau neccessaire et tant qu'à faire, qui soient de qualité. Préférer l'eau de pluie ou de l'eau minérale. Eviter de placer les spécimens d'origine méridionale ou tropicale dans une atmosphère séche et surchauffée. Ca ne leur convient pas du tout.

Parmi les plus répandues de ces plantes d'appartement délaissées, il y a le chlorophytum, aussi appelée phalangère ou plante araignée. Très résistant, le chlorophytum peut survivre un certain temps dans de mauvaises conditions. Ses racines en forme de tubercules lui permettent de stocker de l'eau, de faire des réserves. Cela lui permet de mieux faire face au stress hydrique. Il est par ailleurs conseillé de ne pas l'inonder d'eau : il suffit d'attendre que la surface de la terre soit séche pour l'arroser. Ne pas attendre non plus quelle végéte et se désséche dans une atmosphère trop chauffée.

Le chlorophytum est une plante dépolluante qui posséde donc de grandes et précieuses vertus comme l'absorption de plus de 96 % du monoxyde de carbone présent dans l'air d'une piéce en 24 h. Voilà qui est appréciable en ces temps de débauche de pollution atmosphérique. Il assimile également divers polluants chimiques un peu trop présent dans nos intérieurs comme le formaldéhyde, le toluène, le xylène et le benzène.

Le chlorophytum est une plante de la famille des liliacées, originaire de l'Afrique du Sud, où le climat peut varier de l'humide au très sec. Relativement facile à cultiver, on peut le reproduire par simple plantation des pousses au bout des tiges éparses émises par la plante mère.

Photo ci-dessus de fleurs de chlorophytum par kakki**, retrouvez ses photos sur Flickr.

mercredi 28 janvier 2009

L'éclipse annulaire du Soleil visible dans l'hémisphère sud


L'éclipse annulaire du Soleil qui se déroula le 26 janvier en grande partie au-dessus de l'océan indien, ici photographiée en Indonésie.

Plus d'informations et d'images sur Le Cosmographe et Spaceweather.

lundi 26 janvier 2009

Camelia Sasanqua

Camelia Sasanqua en hiver.

lundi 19 janvier 2009

Un jardin en hiver

C'était il y a quelques jours, en Provence, une neige est venue recouvrir la campagne, nos maisons. Cela en a surpris plus d'un, pourquoi pas. On doit bien en avoir une fois par an, ici, dans la vallée du Rhône, ce qui est moins rare qu'à Marseille. Quarante-huit heures plus tard, il n'y avait déjà plus rien, la terre avait déjà tout bue ou presque ! En ces jours minuscules teintés de gris, et oui, même en Provence, une pelouse de neige transforme alors la journée. Un peu de féerie, un peu d'originalité, un peu de poésie. Le jardin se voit alors autrement pour le plus grand plaisir des enfants.

mardi 7 octobre 2008

La belle et terrifiante épeire diadème


Magnifique araignée Araneus diadematus, plus connue sous le nom d'épeire diadème. Une fois le soir venu, on peut la surprendre au coeur de son immense toile tissée entre deux arbres séparés de plus de deux mètres ! En cherchant des informations sur ce beau et gros arthropode (l'araignée n'est pas un insecte et appartient à cette famille), j'ai appris qu'elle recommençait sa toile tous les jours et que les individus femelles sont les plus gros. Je pense que c'est une femelle qui s'est installée prés de mon portail, à l'entrée du jardin, veillant ainsi sur les égarés ou plutôt, en grignotant tous les insectes pris dans son grand piège de fils. Il faut savoir que cette araignée portant le joli nom d'épeire diadème en raison de cette forme de croix blanche dessinée sur son dos est inoffensive pour nous, humains en dépit de sa taille impressionnante et de son aspect redoutable.

jeudi 4 septembre 2008

Le Domaine du Rayol

Visite la semaine dernière du Domaine de Rayol, situé entre Hyères et Saint-Tropez, au bord de la mer dans le massif des Maures. L'eau y est si belle et si claire que l'on peut voir nettement le fond, étendues marines qui sont d'ailleurs très appréciées des plongeurs. Le Domaine de Rayol, c'est aussi un jardin marin que tout à chacun peut aller explorer.
Aujourd'hui, propriété du Conservatoire du Littoral, le vaste domaine naquit il y a 100 ans sur ces rochers, à l'époque désertés par le tourisme. C'est en 1989 qu'il fut demandé au célèbre paysagiste Gilles Clément de recréer, repenser, mettre-en-scène ce grand espace planté d'espèces exotiques et laissé à l'abandon dans les années soixante-dix.
C'est un vrai plaisir d'arpenter ce jardin en plein renouveau, assemblage de natures méditerranéennes présentes dans plusieurs endroits du monde (voir l'article sur "Pour un jardin sans arosage"), une mosaïque botanique qui nous fait voyager dans différents espaces. Vraiment un grand plaisir, on chemine, on monte puis on descend des chemins, une nature plus dense nous attend, subtropical, un échancrure, rivière sans eau laisse des fougères arborescentes doucement se lever, puis on grimpe le long d'un sentier presque effacé pour se retrouver face à de grandes mers de bleu, le ciel et l'eau qui s'embrassent derière les frondaisons des pins parasols. Encore plus saisissant, arriver sur la pointe du figuier, une roche qui fusionne avec les troncs des conifères ou bien le contraire, au dessus d'un parterre d'eau turquoise, une beauté qu'on ne peut pas oublier. On se sent si bien dans ce paysage sauvage, noyé de liberté et ivre aussi du bon sel de la mer. On se laisse emporter par les eaux calmes vers les îles d'Or, les îles d'Hyéres. On retourne dans l'épaisseur verte elle aussi, si agréable et languide. Il faisait chaud, ce qu'il faut pour découvrir tous ces jardins méditerranéens. Des paysages chiliens, des îles des Canaries, sud-africains, australiens, californiens, méditerranéens, chacun se laissant découvrir dans son originalité, au travers de plantes qui les symbolisent.
Un régal quand nous traversions la région "Amérique aride", beauté des plantes - elles ont ma préférence - et de la composition, un ensemble harmonieux de verts foncés et de brun, le végétal et le minéral disposés sur des pentes, en plein soleil, l'évasion y est garantie, aridité soulignée par les roches brulantes, une lumière écrasante. Le paysagiste, toujours à l'écoute de la vivante nature, a brillamment recomposé ces espaces où se plaisent yuccas, agaves géantes tirant d'immenses langues charnues, certains dressant lentement leurs hampes fleuries, des palmiers piliers de l'azur et d'autres plantes grasses encore, tout aussi superbe.

Une visite inoubliable dans un lieu où le massif des Maures vient se jeter à la mer sans réelles entraves de béton, un voyage d'un monde à l'autre au bord de l'eau, au bord du monde. A conseiller à tous les curieux de la nature, de sa richesse, de sa diversité.

Voir la galerie de photos du Domaine de Rayol.

L'excellent livre "Pour un jardin sans arrosage"


Il est un livre dont nombre de libraires, magazines et jardiniers ont déjà beaucoup parlé, et bien sûr, recommandé : "Pour un jardin sans arrosage" d'Olivier Filippi aux éditions Actes Sud, qui est véritablement formidable et instructif.

Un ouvrage qui s'adresse avant tout aux habitants et jardiniers des régions soumises à un climat méditerranéen. D'ailleurs, on y apprend que ce climat existe dans différentes parties du monde telles quelques petites bandes de terre en Australie, en Californie, en Afrique du Sud ou encore au Chili, régions où on y trouve des conditions similaires à celles du pourtour méditerranéen avec ça et là, plus ou moins de sécheresse, de chaleur, de vent, d'eau, de relief, etc. ! Climat méditerranéen rime bien souvent avec sécheresse et austérité, or l'auteur nous apprend que 20 % des espèces végétales du monde se concentrent dans ces régions, la diversité y est beaucoup plus importante que dans les territoires du nord, dans un climat tempéré.

Comment font ces plantes pour survivre ? C'est là un autre grand axe du livre qu'Olivier Filippi parvient à nous expliquer aisément, posément, en toute simplicité. Au delà de la force pédagogique, il souhaite avant tout nous intéresser à ces milliers d'espèces parfois trop délaissées et qui pourtant agrémenteraient également nos espaces extérieurs en plus de leurs résistances au fort soleil, moins gourmandes en eau. En d'autres termes, les plantes qui sont les plus adaptés aux jardins de la Méditerranée et qui méritent d'être découvertes, sinon connues.

Puis vient alors le catalogue, le choix des espèces qui peuplent les espaces rocailleux, d'une terre souvent pauvres et en pentes, battues par les vents, fleurissant quand vient la pluie, croissant durant l'automne, l'hiver puis le printemps, des mondes végétal plein de surprises et de beauté, à l'opposé des plates vallées grasses du nord …

Pour tous ceux qui aiment ce climat paradoxalement si riche et protéiforme.

lundi 4 août 2008

Rencontre avec le jardin du Val Joanis

Visite du jardin du Val Joanis, près de Pertuis en Provence.

Au coeur d'une journée brûlante du mois de juillet, on emprunte une piste poussiéreuse à travers de grandes étendues plantées de vignes. On ne rencontre personne, à cette heure si chaude, il n'y a que les cigales et les grillons qui bruissent dans cet air si chaud et sec. Quelques caresses d'un vent chaud viennent agiter le feuillage des chênes accrochés aux collines ainsi que celui des oliviers en bordure des vignobles.
On peut sentir le raisin grandir, les sucres engloutir et boire l'ardeur du Soleil.

Puis, on arrive au magasin du domaine viticole, lequel s'ouvre sur le jardin classé "jardin remarquable".
Un contraste saisissant : d'un milieu sec et brûlant, où la rocaille affleure et l'eau se fait rare, nous arrivons dans un enclos de verdeur, où la terre est cultivée, chérie, se montre généreuse et décuple sa prodigalité.

C'est d'abord le potager qui nous accueille. Très vite, nous découvrons un jardin d'ornementation, peuplé ça et là d'arbres fruitiers et de plantes simples. La chaleur y est toujours accablante, certaines plantes montrant leur stress hydrique …, en dépit d'un arrosage régulier !

La photo ci-dessus montre un rectangle de verdure d'une grande beauté, un espace où de vénérables oliviers campent un tableau rare d'une Provence verdoyante, évoquant le printemps. C'est aussi un tableau irréaliste car une herbe aussi verte et unie n'existe pas à l'état sauvage …, non, c'est une composition et des plus charmantes et chatoyantes qui soit. Le mas provençal, domaine privé, participe à ce grand charme provençal. Une Provence douce comme les parisiens peuvent la rêver mais qui n'est autre qu'une oasis au milieu d'une nature infiniment plus dure et sauvage.

Ce qui m'a plut, ce sont les couleurs, les verts, les jaunes et toute cette lumière, cette chaleur, le chant des cigales qui fait battre l'air. Et aussi la végétation, alanguie, étourdie, dressée, habitée.